Jean vit le visage de l'homme avant qu’il ne disparaisse dans son antre.
La pluie recommençait à tomber, jean était complètement trempé, l'eau ruisselait le long de ses joues.
Il était transi de froid, l'impression d'avoir été plongé dans un bac d'eau glacée.
Le visage de cet homme ne lui paraissait pas totalement étranger, pourquoi l'avait-il fixé ainsi ?
Après de longues minutes pendant lesquelles jean n'avait pas cessé de se poser de nombreuses questions, il entendit l'homme hurler un nom. Un des quatre sbires restaient à le surveiller se leva et couru vers l'abri superficiel.
Il en ressorti presque aussitôt et se dirigea un couteau à la main droit vers Jean.
Il l'empoigna par l'épaule et lui ordonna de le suivre sans faire d'histoire sinon il l'égorgerai sans hésitation.
Il pénétrèrent tous les deux sous la toile, avant de le bousculer l'obligeant ainsi à s'asseoir.
Un petit feu baignait le lieu d'une atmosphère moite et l'éclairait d'une faible lueur qui rendait l'endroit peu rassurant. Mais Jean sentait, dans l'attitude austère et non conformiste pour un simple voleur de l'homme assit devant lui, qu'il allait vivre un évènement d'une importance non négligeable.
L’homme ordonna à son accompagnateur de sortir et se mit debout. Sa tête arrivait presque à toucher la toile de tente. Il était donc plus grand que Jean.
L'épée de jean était posée à même le sol sur une couverture devant lui.
Il questionna d'un ton ferme :
A qui as-tu volé cette épée ?Jean ne fût qu'à demi surpris de la question, compte tenu de l'attitude de cet énergumène.
Jean Lui dit qu'il ne savait pas si elle lui appartenait, mais qu'il l'avait trouvé prêt de lui dans des circonstances particulières...
L'homme écouta son histoire. Jean sentait bien qu'il était prêt à basculer d'un côté ou de l'autre ne sachant s'il devait croire la fable qu'il lui racontait.
Pourtant il ne disait pas un mot laissant à jean tout le loisir de raconter son aventure et les conditions dans lesquelles ils s'étaient retrouvés amnésique dans la petite fermette non loin de Conflans par une sombre journée de Novembre, un an plus tôt.
Pendant qu'il contait son histoire, l'homme s'était rassis. Il le regardait attentivement comme s'il cherchait à reconnaître sur les traits de son visage un indice quelconque.
Puis il interrompit Jean en levant une main face à lui.
Ton destin a voulu que ton chemin croise le mien, peut-être pour ton bien ou peut-être pas... Cette épée, je la connais... c'est celle d'un ami que je n'ai pas vu depuis très longtemps. . . De la voir entre tes mains m'a surpris comme tu peux te l'imaginer. Ton histoire ne m'impressionne pas et je me demande si tu me racontes bien la vérité... Comment pourrais-je te croire ? Il serait plus simple pour moi de te tuer et de garder ton cheval et cette arme qui a, pour moi, beaucoup plus de valeur que ta vie.Jean déglutit aux paroles de cet homme mais se redressa et reprit la parole pour montrer à son hôte d'infortune son intention de lui prouver qu'il était sincère.
Il lui dit expliqua que son intention était d'aller à Fierbois pour peut-être connaître d'où il venait et qui il était vraiment.
L'homme qui semblait aussi curieux que lui dit qu'il était prêt à l'accompagner à l'église et en apprendre plus.
Il décida qu'ils partiraient ensemble le lendemain matin. Bien entendu, sous bonne escorte.
Pendant la nuit Jean ne dormit pas. Il repensait à tout ce qui s'était passé la veille.
Avant que le jour ne se lève, l'homme accompagné d'un de ses compagnons vînt chercher Jean.
Ils partirent ensemble à travers bois pour ne pas emprunter les chemins où ils pourraient faire de bien mauvaises rencontres.
Jean était ligoté sur Clochard alors que l'homme et son compagnon l'encadraient, montés sur leurs chevaux.
Peu de temps avant midi, ils arrivèrent à la lisière de la forêt en vue d'un monastère. Ils s'arrêtèrent sans sortir des bois. L'homme ordonna à son acolyte de rester avec les chevaux à l'abri des regards.
Puis Jean et son geôlier se dirigèrent vers le monastère. Arrivés devant la porte, Jean fût libéré de ses liens et mis en garde de ne pas dénoncer l'homme qui l'accompagnait. Ils frappèrent à la grande porte. Une petite fenêtre s'ouvrit. Avant que le moine n'ouvre la bouche, l'homme exposa l'épée aux cinq croix devant le visage du moine.
Celui-ci referma aussitôt la fenêtre... Une longue minute s'écoula avant que la porte du monastère s'ouvre.
Le moine les invita à le suivre vers la chapelle du monastère. Tout était calme sans bruit, seuls les oiseaux piaillaient.
De nombreux moines s'afféraient dans le jardin du monastère.
Arrivés devant la chapelle, le moine en ouvrit la porte. Ils pénétrèrent tous les trois et s'avancèrent jusqu'à l’autel.
Il leur demanda d'attendre ici et s'échappa par une petite porte le long du mur de la chapelle.
Quelques minutes plus tard, un homme de belle stature entra à son tour. Il était vêtu d'une robe de moine mais semblait d'un rang différent. Il se présenta comme le père supérieur du lieu. Il demanda à voir l'épée mystérieuse.
Jean lui adressa la parole en premier sans laisser le temps à son accompagnateur d'ouvrir la bouche.
Il demanda d'où venait cette épée et à qui elle appartenait. Il en profita pour sortir un billet de sa poche, celui-là même qu'il avait sauvé du feu alors qu'il était prisonnier de la paume de l'épée.
Sa surprise fût grande d'apprendre qu'elle était celle du roi Charles martel et que c'était avec cette épée qu'il avait repoussé les sarrasins hors du royaume 700 ans plus tôt.
Qu'il y a "à ans à peine, celle que l'on appelait Jeanne D'ARC était venue la chercher et qu'elle avait chassé les Anglois hors de France. Cette épée avait une Histoire avec un grand H.
Il demanda ensuite si le père supérieur le connaissait. Ce dernier lui répondit que non. Mais il lui dit qu'après la mort de Jeanne un homme qui s'était présenté sous le nom d'Alain Giron de Bretagne était venu le voir. Il s'était présenté comme un des compagnons d'arme de Jeanne d'Arc et revenait avec l'épée pour la remettre dans son linceul au pied de l'autel.
Mais à ce moment, les environs n'étaient pas sûrs et le père supérieur invita Alain de Giron à garder l'arme sacrée en signe de son allégeance à Jeanne d'Arc et en souvenir de Charles Martel.
Ainsi l'épée venait-elle d'un des compagnon de guerre de la célèbre Jeanne dont Jean n'avait aucun souvenir. Il savait d'où venait ce nom d'emprunt qu'il avait choisi quand il avait lu le message secret.
Mais aucun souvenir ne lui revenait.
Par contre, l'homme debout à ses côtés réagit quand il entendit le nom d'Alain Giron car c'était celui de son ami.
Alors ce Jean disait donc la vérité. il ne savait pas d'où il tenait l'épée de son ami.
A ce moment, il expliqua que lui faisait partie de la troupe qu'Alain giron avait emmenait avec lui pour guerroyer avec Jeanne et bouter les Anglois hors de France.
Il raconta comment il s'était enrôlé un dimanche alors qu'il passé non loin du château de Giron et pour une solde miséreuse comment il avait accompagné Alain dans toutes ses campagnes devenant petit à petit son ami et plus fidèle compagnon. Une fois l'anglais battu, Alain et lui-même étaient retournés en Bretagne. Alain qui avait un frère aîné prit la seigneurie de Derval et se maria avec Hélène de Laval. L'homme expliqua qu'il était resté encore un moment pour voir la naissance de leur fils Guillaume.
Mais cette vie de châtelain ne lui convenait guère, il préférait vivre dans la campagne et suivre l'aventure où elle le conduisait. Après la naissance de Guillaume, il y avait près de 20 ans déjà, il s'en alla et ne revu plus son ami et compagnon de lutte.
Jean voulait que l'homme lui en raconte d'avantage sur cet ami et cette femme qu'il appelait Hélène. Ce prénom lui rappelait vaguement quelque chose sans que cela soit bien précis. Puis soudain, alors qu'il fermait les yeux il vit une image se former en lui. Ce visage c'était celui d'une femme cette femme il ne la reconnaissait pas encore mais il pouvait associer un nom à un visage.
Il dit à l'homme que lui aussi connaissait une femme prénommée Hélène. Il lui décrivit et l'homme reconnu dans la description la femme de son ami.
Ce fût comme un éclair en lui, jean reconnût cette femme alors que l'homme continuait à parler.
C'était sa mère ! Hélène de Laval femme d'Alain de giron de Bretagne compagnon de Jeanne d'Arc. Ainsi donc, il serait Guillaume le fils du meilleur ami de l'homme qui se trouvait là devant lui et qui l'avait prit en otage.
De nombreuses images lui revenaient maintenant petit à petit... Il voyait sa mère dans le château entourée de gens que petit à petit il reconnaissait, son, père, son oncle Armel ses cousins...
Sa tête lui faisait mal, il la prit entre ses mains et se mit à hurler. Le flot de souvenirs devenait insoutenables, tout lui revenait enfin mais comme une coulée de lave brûlante dévorant son âme et son corps Jean se mit à genoux son visage déformé par la douleur des souvenir qui déferlaient dans son esprit. Il revoyait son enfance au château, son adolescence et enfin commencèrent à arriver ses souvenirs du temps où il du quitter ses parents. Jeune écuyer à la cour du Duc de Bretagne il était message de son Duc et parcourait les route portant ici et là les missives officielles. C'était pour lui un grand honneur.
Son père était fort apprécié du Duc et ce dernier en fît un membre de sa famille. Quel ne fût par leur surprise quand il prît Guillaume âgé de 18 ans comme messager ducal. Ce fût un grand honneur pour Guillaume et ses parents. C'est à cette occasion qu'il reçu des mains de son père l'épée sacrée dont il n'avait plus l'utilité. Devenu Gen d'Armes, Guillaume était à présent de sang ducal et à ce titre méritait de portait l'épée de tous les combats royaux.
C'est ainsi qu'il vit comment alors qu'il se rendait en Champagne portait un billet officiel du Duc de Bretagne à son homologue champenois, il tomba dans une embuscade menée par cinq hommes vêtus de grands habits blancs portant une croix noire sur leur plastron. Voila donc pourquoi il voyait dans ses cauchemars ces horribles personnages. Bien évidemment, il lui dérobèrent le billet, ce qu'ils étaient venus cherchés, dont Jean ne connaissait rien. Il l'avait laissé pour mort et si cette mystérieuse sauveuse n'était pas passée par là, sans doute le serait-il vraiment.
Il se rappela que pour ses douze ans, il s'était tatoué comme son père l'emblème de la famille dans le revers de du bras droit. Cette marque, qu'ila vait découverte sur le bras de son père, il se l'était faite lui-même.
Alors que la douleur se dissipait, il lâcha sa tête et la redressa. Il regarda tour à tour les deux hommes qui le dévisageaient.
Il nota l'expression de surprise sur leur visage.
Jean se leva puis s'adressa à eux.
Je suis Guillaume de Giron de Bretagne fils d'Alain de Giron et d'Hélène de Laval... Je suis messager du Duc de Bretagne. A ces mots, l'homme planté face à lui éclate de rire.
Ben voyons, mon garçon ... et moi le Roi de France.... Jean ne le laissa pas continué. Il ôta son capuchon, délia le cordon de sa chemise avant de l'enlever... Il leva son bras pour le montrer à l'homme ébété devant ce que faisait jean.
Il reconnu la marque que possédait son ami comme preuve de sa lignée.
A ce moment il se rendit compte que Jean était bien Guillaume fils d'Alain le meilleur ami qu'il avait eu. Il le prit par le bras et le serra contre lui.
Guillaume... Il n'y a pas de doute, tu es bien guillaume de Giron. Viens que je te prenne dans mes bras Le moine restait bouche bée invita jean à se rhabiller. Il demanda aux deux hommes de le suivre. Il leur offrit un repas pendant lequel tour à tour, il échangèrent leurs aventures et histoires passées.
A la fin du repas, Jean demanda à l'homme son nom. Celui-ci s'appelait finalement Georges tout simplement, n'ayant ni château ou ville d'où il venait vraiment.
Georges proposa à Jean de retourner au campement mais ce dernier lui expliqua qu'une femme l'attendait avec ses enfants à Tours. Georges accepta qu'il parte vers Tours. Jean l'invita à passer à Conflans un jour où il serait dans les environs...
Ils reprirent enfin le chemin de la lisière du bois. Ils retrouvèrent le compagnon de larcins de Georges. Ils se saluèrent en nouveaux amis qu'ils étaient. Georges confia l'épée de Jeanne à Jean ou Guillaume, il ne savait plus comment l'appeler.
Georges et son acolyte s'enfoncèrent dans la forêt tandis que Jean les saluer empruntant de son côté la route vers Tours. A bonne allure, il pensait arriver pendant la nuit dans la ville espérant que les portes lui seraient ouvertes.
Jean chevaucha pendant de longues heures, la nuit était tombée depuis longtemps quand il commença à percevoir les lueurs de la grande ville. Arrivé sous la porte, il appela pour qu'on lui ouvre.
Les gardes lui interdirent l'accès et il du attendre le lendemain matin pour pouvoir entrer dans la ville.
Cela faisait trois jours qu'il était parti... Il arriva devant l'échoppe du maréchal ferrant. Il y laissa Clochard avant de passer chez le boulanger pour acheter du pain chaud et prit un pot de lait frais du matin.
Il s'en alla ensuite vers l'auberge où trois jours plus tôt il avait laissé Lucie et les enfants.
Il monta jusqu'à la chambre où il cogna à la porte attendant que quelqu'un ne vienne lui ouvrir.