C’était une chaude journée d’été, l’astre du jour poursuivait sa lente glissade dans le bleu azur du ciel. La chaleur de ses rayons imprégnait la plaine de Champagne jusque dans les moindres recoins du village de Conflans. Leur morsure avait blessé les peaux nues des ouvriers des champs qui s’attelaient à la coupe des vitales graines.
De retour du champ, où il commençait à faucher le blé, Jean pensait à l’Ange, SON ANGE , tombé du ciel, dont il était éprit. Ce blé, vendu dans quelques jours sur le marché, leur permettrait de récolter les écus dont ils avaient besoin pour partir sur les routes du royaume.
Seule la déesse grecque de la beauté, pensait-il, pouvait avoir enfanté une si ravissante âme.
Il en avait entendu parlé mais n’en connaissait pas le nom. Son image lui venait à l’esprit et, à cette pensée, sa bouche se fendit d’un un léger rictus. Cela donnait une expression de béatitude et de bonheur infini à son visage.
Il était assis contre le tronc du roi des arbres situé sur le seuil de la modeste maison. Les yeux fermés et un épi de blé dans la bouche, il rêvait à sa belle amie.
Abrité de la brûlure des rayons du soleil par les célestes branches, il ressentait une impatience contenue, de la voir revenir de son travail.
Il attendait calmement, les bras croisés sur les genoux de ses jambes repliées, de la voir apparaître au bout de l’allée.
Le souffle léger de l’air sous le majestueux chêne plus que centenaire, lui faisait penser aux caresses qu’elle lui faisait souvent sur les joues.
Il s’imaginait déjà, dès qu’elle apparaîtrait derrières les buissons de la haie, se lever puis accourir vers elle, l’enlacer, puis la prendre par les hanches pour la faire tournoyer dans les airs avant de l’embrasser longuement.
Soudain, il vit apparaître l’ombre étendue par le soleil de celle qui emplissait toutes ses pensées.
Sans réfléchir, il s’élança sur l’allée, devinant le moment où elle apparaîtrait face à lui.
Sa course lui paraissait interminable, mais ce qu’il attendait, pour lui, depuis une éternité, se provoqua enfin.
Jean s’arrêta net, et, comme à chaque fois, fût surpris de pouvoir admirer la beauté personnifiée…
- Oh ! Mon Amour, tu es là….